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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 09:58

Un soir d'orage, où le bruit du tonnerre se mêle à un plastiquage, près de la maison de Dumé, la gorge asséchée par la touffeur ambiante...et ...la trouille naissante, j'ose m'aventurer dans la souillarde où trône mon merveilleux réfrigérateur américain (gagné "aux douze coups de midi") 

 

 Vite, vite, trouver une boisson pour étancher mon trachéovolcan en début d'éruption.

 

Alors que je m'avance en catimini près de la sublissime chambre froide, voilà que la petite porte,( vous savez celle protégeant les glaces , les glaçons, les sorbets, enfin tous ces trucs délicieux créer pour adoucir les papilles en période de grosse chaleur ou de franche panique,) La petite porte dis-je...

s'ouvre brusquement comme poussée de l'intérieur par un pied venu là par inadvertance.

L'effroi, la surprise, me font exécuter  un double salto arrière digne de Candéloro!

Le rétablissement oh! combien difficile , enfin assuré, je jette un oeil de rosière à l'intérieur du dit frigo.

Une chaussure pavoise en lieu et place des douceurs convoitées.

Une chaussure du genre cothurne à la sous face écarlate pour top modèle dégingandé.

Une chaussure pour Berthe aux grands pieds .

Que diable est-elle venue faire dans cette galère...non... dans cette glacière?

 

De plus je m'aperçois qu'une des charnières pendouille lamentablement.

Mon beau frigo...tout neuf...qui a oser le violer de la sorte?

 

Ne pas toucher à cet indice, surtout que la-bas chez Dumé, cela continue de canarder...

faut-il y voir un signe?

 

J'essaie de rassembler mes esprits, j' imprime l'image de cette magnifique pantoufle et de ma charnière traumatisée dans mes neurones vieillissants et pars à reculons chercher un quelconque secours dans cette maison devenue mystérieuse, voir peut être dangereuse en cette nuit onirique . 

Le noir le plus complet a envahi le salon, l'orage a eu raison de dame électricité, toujours prête à farnienter à la moindre occasion.

 

Les mains en avant, telle une somnambule j'avance doucement quand soudain, arrivée près de la porte (la nuit,  je pers tout sens de l'orientation, déjà pas très puissant en temps normal !) je me heurte, que dis-je je me retrouve à califourchon sur une masse mollassonne , étendue  sur la pierre, chaude encore de la chaleur de la journée ...

Un ressort activé par la peur me fait bondir...

Un cadavre?

Un mort, dans cette maison, d'habitude si paisible?

Que faire?

Le portable ne passe pas, le téléphone est coupé...l'orage...probablement, les autres dorment à l'étage...enfin peut être...

 

Mes yeux commencent à s'habituer à l'obscurité des lieux et puis les éclairs balayent de temps en temps la pièce.

 Stupéfaction, là sur le sol...gît mon Grand Père , recroquevillé en chien de fusil, la tête posée sur son bras, et que vois-je dans sa main gauche...une chaussure : la jumelle de celle de mon frigo.   

 

Tétanisée, traumatisée, malheureuse de voir mon cher Papé ainsi meurtrit, je reste abêtit devant ce corps...qui pourtant... respire!

Reprenant mes esprits, je me précipite au premier étage, vite chercher du secours...

Mamé, Mamé, réveille-toi, Papé a un malaise.

 

Point de réponse ma Grand Mère doit dormir à poings fermés.

Rapidement j'ouvre la porte de sa chambre...le lit est vide...seul...un parapluie

occupe ce sanctuaire conjugal.

Mes idées ont du  mal à circuler tant les circonvolutions de mon cerveau sont mises  à rude épreuve en cette nuit fantasmagorique et hallucinatoire.

 

Je respire un grand coup, comme mon prof de Gym me l'a appris, afin de recouvrer un esprit clair en cette nuit rocambolesque.

 Récapitulons:

- une chaussure dans mon frigo

-mon grand Père étendu par terre près de la porte d'entrée ou de sortie

-une chaussure identique dans la main de ce brave vieillard

-ma  Mère Grand envolée, enlevée, kidnappée...

 -Le parapluie dans son lit

 

Je n'y comprend rien...et le tonnerre...les bombes...tous concours à m'empêcher de réfléchir.

 

Soudain, je sens entre mes jambes une douce caresse...le chat , mon chat, mon petit noir bien dodu, lui est vivant, normal, présent . Enfin.

Et que je me frotte, et que je minaude...vas-tu te décider à t'occuper de moi?

 Bien que tourmentée et angoissée par cette énigme digne de Columbo, je prend en mes bras où la chair de poule à élue domicile, ce raminagrobisse langoureux...

Mais qu'est ce?

Un paquet  entrave son collier...

Il me faut un siège, je n'en peut plus...et mon Grand Père toujours étendu, au rez de Chaussée...

Délicatement, je prend le courrier de ce messager insolite et à la lueur d'une lampe torche trouvé en chemin, je commence la lecture d'une missive.

D'emblée je reconnais l'écriture un peu tremblotante de ma Chère Mamé.

Réfugiée chez nos voisins, avec ses casseroles, héritées de sa Maman, elle m'informe qu'elle ne réintégrera pas le domicile à moins de recevoir de Papé des excuses plus que  circonstanciées.

 

Ainsi est l'histoire:

 

-En ce lundi, jour de marché, mon Grand Père fringant comme un jeune homme, s'en est allé de bon matin, pour faire le ravitaillement, mais surtout retrouver ses copains au café "Chez Tino", et passé une journée à discuter, zieuter en loucedé les touristes

bien balancées, et goûter à la dive bouteille...Que fit-il?

Mystère bien gardé...

Le soir venu, l'ébriété ayant atteint un niveau de non retour, d'un pas mal assuré, titubant, il a enfin réintégré le domicile conjugal, tenant  dans une main une bouteille vide et dans l'autre une paire de chaussures digne des grands faiseurs.

Rejoignant la chambre en trébuchant à chaque marche...

En grand seigneur, il donne à Mamé ce cadeau délicat, afin de  se faire pardonner!

Ma Grand Mère,  cosaque de nature, prit très mal cette marque d'amour.

A l'aide d'un parapluie oublié là par hasard, elle commence à vouloir embrocher le

pochtron vacillant...qui malgré tout réussi à redescendre l'escalier ( les ivrognes ont toujours un génie qui les protègent) poursuivit par Mamé , ayant abandonné le pépin

sur le lit, et bien décidée à en découdre avec le fieffer coquin.

 

D'un revers de la main, ou du poing, elle frappe mon Grand Père qui tombe comme un fruit bien mure dans l'entrée, gardant dans une main la précieuse chaussure. L'autre ramassée par ma grand mère en furie, se retrouve allez savoir pourquoi (peut être pour mettre au frais la preuve de cette infamie) dans la partie congélation de mon frigo.

Comment la charnière se trouvat endommagée?

Le message ne le précise pas...mais sachez que furieuse, ma Grand Mère  réagit comme un troupeau de chevaux sauvages lancés au grand galop...Alors...

 

Mais le comble de cette histoire: qui dira qu'il est impossible de trouver un chat facteur dans notre pays?

Le circuit parallèle des PetT!

 Vous connaissez?

 

 

Ps.Je suis nouvelle dans votre communauté, je ne connais pas trop les règles; mais partant en vacances mercredi, j'avais envie de m'essayer à ce défi.

Merci.

Chantal

 

 

 

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commentaires

ITmarmotte:) 22/06/2011 14:28


ça fout les chocottes... heureusement qu'il y a minou qui arrive délicatement en plein milieu du suspens... en tout cas belle intrigue!


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  • : ce blog: pour tous ceux ,qui comme Julia, marranne du Portugal, sont à la recherche de leur identité juive. Architecte d'intérieur et gourmande elle vous transmet des conseils en déco, et de délicieuses recettes .
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  • issue d'une famille de marranes,je suis très attachée à mon identité juive,et à toutes ces traditions qui ont bercées ma jeunesse. 
 je suis passionnée pour mon métier d'architecte d'intérieur et par  l'écriture  qui me permet le rêve.
  • issue d'une famille de marranes,je suis très attachée à mon identité juive,et à toutes ces traditions qui ont bercées ma jeunesse. je suis passionnée pour mon métier d'architecte d'intérieur et par l'écriture qui me permet le rêve.

l'auteur

Chantal FIGUEIRA LEVY, écrit depuis quelques années des romans autour de personnes réunies par la même recherche d'identité.

Son personnage principal est Julia FRANCES.

Dans la vie professionnelle, Chantal FIGUEIRA LEVY est architecte d'intérieur, et de ce fait , son héroine évolue dans ce milieu.

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